Une opportunité à saisir sans tarder…

Plusieurs personnes fréquentant notre Eglise Harmonie à Cormeilles m’ont interpellé en se demandant, à juste titre, comment nous allons procéder dans les jours et semaines à venir, en raison des restrictions gouvernementales suite à la propagation du coronavirus. Après réflexion et prière, voici les quelques remarques qui me viennent à coeur pour vous expliquer pourquoi nous allons arrêter nos célébrations jusqu’à nouvel ordre.

Ma première réaction suite à l’intervention de notre président jeudi soir a été de penser : c’est à nous Eglise d’être les premiers à nous mettre au service des autres, de proposer des actes concrets d’amour et de sacrifice car nous savons tout ce que Jésus a fait pour nous, son sacrifice et son amour immense pour nous (Jean 13.1). Oui, proposons notre aide pour garder les enfants de personnel hospitalier, prenons des nouvelles régulièrement de nos voisins plus âgés, prenons soin de nos proches les plus fragiles en les protégeant et en étant soucieux de leur bien-être, et bien entendu, prions pour les divers aspects et personnes impliquées dans cette situation de crise sanitaire.

Ma seconde réaction ensuite a été de ne surtout pas me lancer tête baissée, réfléchir rapidement et efficacement sur comment continuer nos activités dans ce contexte difficile. Non, la question n’est pas là me semble-t-il. Notre angle de vue doit être différent quand nous croyons en un Dieu Tout-puissant. Ainsi, la vraie question à se poser est plutôt : Comment utiliser ce temps que Dieu nous offre, cette crise, pour renforcer notre foi ? Comment transformer ce qui nous paraît être un obstacle en un tremplin sur lequel prendre appuie pour aller plus loin, plus haut ?

La foi de chacun se révèle par divers moyens… Je me souviens d’avoir lu un vieux livre sur la prière et la méditation personnelle qui montrait comment lorsqu’on passe en période de vacances, nos temps personnels avec Dieu ont tendance à se raréfier. Les vacances agissent parfois comme un révélateur car c’est une période où « l’on fait ce que l’on veut », une période où notre coeur peut aussi parfois se dévoiler. Un autre moyen pour révéler la teneur de notre foi sont les épreuves nous dit la Bible (1 Pierre 1.6-8). Est-ce que dans le feu de l’épreuve notre foi en plastique se consumera ou est-ce que dans le feu de l’épreuve notre foi en or s’affinera ? Est-ce que les épreuves qui grandissent se placent entre moi et Dieu et m’éloignent de lui, ou est-ce que je parviens à placer ces difficultés derrière moi afin qu’en grandissant, au contraire, elles me poussent vers Dieu ? Dit autrement : ne fixons pas les épreuves, ce qui nous ferait entrer dans une peur malsaine, mais fixons Jésus au milieu de la tempête (Matthieu 14.22-33). 

Concrètement maintenant, ayant réaffirmé ces bases, en tant que pasteur de notre communauté ayant à coeur le développement spirituel de chacun je désire éviter 2 écueils :

  • Le premier écueil serait de m’absenter dans ces moments troubles et laisser planer un air de laxisme spirituel. Laisser chacun prendre des vacances spirituelles en se disant que c’est tout ce que l’on peut faire par la force des choses. Non, il n’y a pas de statu quo possible dans la vie chrétienne. La vie chrétienne c’est comme faire du vélo en gardant bien les pieds sur les pédales… soit j’avance et je pédale régulièrement pour garder l’équilibre, soit je tombe.
  • Le second écueil serait de vous donner, comme le font (et heureusement !) les écoles avec nos enfants, des devoirs tout préparés à faire chez vous (des méditations par webcam par exemple ou encore envoyer des mails avec des célébrations « clef en main » à faire chez vous…). Ce paternalisme spirituel me semble malsain et n’aide certainement pas à grandir dans la foi non plus. Rester trop longtemps au « petit lait » (Hébreux 6.1-3) n’a jamais aidé personne à vraiment grandir spirituellement durablement. Ne restons pas des enfants dans la foi mais saisissons cette opportunité pour grandir et prendre encore davantage nos responsabilités.

Nous prenons donc le partie suivant, avec les responsables à plein temps de notre Eglise :

  • NOUS NOUS ENGAGEONS volontairement à ne pas prendre l’initiative d’organiser davantage les choses « par le haut ». Nous encourageons chacun à prier et réfléchir sur la manière concrète dont il veut vivre durant ces prochains temps, la croissance spirituelle dans la fraternité au coeur de la cité. Sans négliger aucun de ces 3 aspects.
  • NOUS NOUS ENGAGEONS à prier pour chacun de vous pour que vous preniez réellement ce temps comme un privilège que Dieu vous accorde afin de fortifier votre foi en prenant vos responsabilités : que chacun puisse se motiver à persévérer ou relancer son culte personnel, que les rencontres (physique ou virtuelle) en duos ou en petit groupe vous amènent à aller plus loin dans la redevabilité pour vivre la croissance spirituelle dans la fraternité au coeur de notre cité, que les parents rassemblent leur famille pour des célébrations régulières ensemble, que les personnes seules trouvent des idées pour soit se visiter, prier et méditer ensemble si cela est possible physiquement ou via les moyens de technologies modernes, que nous utilisions de multiples canaux pour nous exhorter, nous reprendre, nous encourager dans la foi et continuer surtout à être des témoins autour de nous.
  • NOUS NOUS ENGAGEONS, si vous le souhaiter, à venir vous rendre visite pour vous encourager dans vos propres prises de décisions devant le Seigneur.

J’ai bien conscience que cette prise de position pourrait être vue comme discutable et trop loin des schémas habituels de l’Eglise que l’on peut avoir. Néanmoins, même si cette décision se fait avec crainte et tremblements, il me semble que c’est là la voie qu’il nous faille emprunter.

Je rêve d’une Eglise… qui va être secouée (et moi le premier ! ) afin de vivre chaque jour à la lumière de son espérance, je rêve d’une Eglise qui rayonne au milieu des ténèbres, une Eglise qui glorifie Dieu en témoignant alors que tout le monde se dit que dans ces conditions c’est impossible, une Eglise qui prend des risques à vivre selon la sagesse de Dieu en considérant que le plus grand risque n’est pas d’attraper le virus mais de laisser le virus du péché se propager dans notre ville et notre pays et faire face à une épidémie désastreuse.

Oui, ma prière est que Dieu utilise ce moment (ces jours, semaines, mois ?) pour bénir son Eglise et apporter un réveil dans notre ville, notre région et notre pays. Alors joignez-vous à moi les amis et « N’abandonnez donc pas votre assurance : une grande récompense lui appartient. Car il vous faut de la persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu vous obteniez ce qu’il a promis. » (Hébreux 10.35-36) !